29 décembre 2006
"L'état prend en main les crimes coutumiers"
Le quotidien Zaman rapporte les mesures annoncées par le minitres des affaires intérieures Abdülkadir Aksu pour "prévenir les violences liées aux crimes d'honneurs et coutumiers à l'encontre des femmes et des enfants au sein des familles ". Le "plan d'action en 11 articles qui a été établi" prévoit en autres de "former des comités" dans chaque province, en charge des crimes coutumiers, de "constituer un fond d'aide" pour le relogement et le transport", de garantir "un haut niveau de discétion" sur le lieu de relogement des victimes, et d'établir des "centre d'accueil pour les femmes et enfants menacés d'un crimes d'honneur ou coutumier". Parallèlement, le gouvernement à prevu de lancer une campagne d'information et d'éducation sur ce types de crimes.
Le crime d'honneur loin d'être érradiqué en Turquie
1190. C'est le nombre, selon un rapport de la sûreté nationale, de victimes de crimes d'honneur ou coutumier. 29,51% serait le fait de crimes d'honneur, 29,15% de désaccord au sein de la famille, 14,57% découleraient d'une relation interdite, 9,99% de vengeance familliale, "d'importunation" d'ordre sexuelle, 3,30% ferait suite à un viol...
Le quotidien Zaman illustre ces chiffres de cas récents de crimes décidés par l'assemblée familliale: Yasemin C. assissinée par son frère après qu'il eu été découvert, lors de la nuit de noce, que la jeune fille n'était pas vierge. Fatma A., tuée par son père qui se défend en affirmant que se fille, alors agée de 33 ans, "avait pris un mauvais chemin". G.D., forcée au suicide par absobtion d'eau de javel car elle refusait de se marier avec le fils de son oncle. Les faits se passent de commentaire.
Espérons juste que ces mesures seront appliquées, et efficaces.
26 décembre 2006
60% de chômage à Diyarbakir
"Ce n'est pas du pain que demandent les habitants de Diyarbakir, mais du travail" Selon le quotidien Radikal, "il faut lire cela comme un comportement honorable, et la preuve d'un grand potentiel". Un désir de changer les choses qui contraste avec la mauvaise volonté d'Ankara que dénonce le maire de la ville Osman Baydemir. Ce taux de chômage exhorbitant a bien entendu des causes conjoncturelles qui prennent leurs racines dans le conflit qui opposait l'armée et le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) dans les années 80' et 90'. "S'il n'y avait pas eu ce conflit, le chômage n'aurait pas été aussi élevé", souligne le maire de la ville. "Si la vie des gens n'avait pas été ainsi déchirée, il n'y aurait pas eu ce taux de chômage", insite-t-il. "La population, qui était de 375 000 au début des années 90 est aujourd'hui officiellement de 841 000, du fait de l'exode rurale" rapporte le quotidien. Et même si, pour aider la région du sud-est à remonter la pente "des financements arrivent de l'étranger, le maire fait, selon ses dires, face à "l'opposition" d'Ankara": "Voilà plus d'un an que j'essais de rencontrer Recep Tayip Erdogan, sans succès", témoigne le maire de Diyarbakir. "En Août 2005, le premier ministre est venu à Diyarbakir, précise-t-il. Nous lui avons adresser un rapport faisant état de la situation économique et sociale de la ville, et des possibilités de solutions. Mais le premier ministre a pensé qu'il était personnellement mieux à même de nous comprendre... Ce serait suffisant s'il travaillait vraiment à nous comprendre..." Pourtant, selon le maire, la solution est aujourd'hui entre les mains d'Ankara. Tout d'abord, selon lui, "la Turquie doit se réconcilier avec les Kurdes... Si la Turquie fait la paix avec ses citoyens d'origine kurde, si elle réussit à faire cela, je m'en porte garant, les yeux de tous les Kurdes seront sur diyarbakir, seront sur Ankara".... Un appel à sortir enfin de cette espèce de "guerre froide" qui divise encore la Turquie.
"Pardon monsieur Orhan"
Les regrets exprimés par la jeune journaliste Selda Gezgen dans le supplément jeune du quotidien Radikal sur ses propos tenus sur le récent nobélisé Orhan Pamuk exprime une naïve repentance: "Avec le prix nobel d'Orhan Pamuk j'ai appris à quel point mes préjugés étaient faux et maladroits"... Ainsi commence le mea culpa de Selda Gezgen. "Je pensais que ses écrits n'étaient pas bons, que sa plume ne méritait pas le prix, sans prendre en compte la fierté qu'il nous donnait", avoue la jeune journaliste. "Je me sent coupable à un degré incroyable pour avoir pensé comme ça", continue-t-elle. "Si je veut un jour être une bonne journaliste, je doits apprendre à avoir un regard impartial et objectif", conclut la journaliste, encore étudiante à l'Université de Marmara, avant d'expliquer: "Je le rendais juste coupable pour ses opinions".... "Mais être écrivain, c'est être différent des autres, c'est être possesseur d'idées contraires aux autres"; affirme-t-elle dans une bien subjective description de l'état d'écrivain... Pour finir par avouer "A la fin de [la remise du prix], la première chose que j'ai fait a été d'acheter un livre d'Orhan Pamuk"... Il était temps!
24 décembre 2006
Si les lions parlaient...
"Un lion a dit Allah". On penserait à une farce si la plupart des médias ne publiaient pas en coeur le propos de Sieur le lion. Certes, tous crient à l'intox, mais les faits sont là... "Chaque jour, des dizaines de gens veulent faire connaissance avec le Lion Golyad", rapporte Radikal. "Selon les rumeurs, Golyad aurait commencé à prêcher aux autres lions en rugissant Allah". Les témoins de ce miracle "réunis devant la cage avec cameras et téléphones portables" auraient réfuté toute contestation des faits en rétorquant "vous êtes des incroyants"... Incroyants ou incrédules?
Les laissés pour compte de la bureaucratie
Un abandon. C'est ainsi que qualifie le quotidien Birgün les conséquences de la réduction, voire parfois de la suppression des subventions censés indemniser les villageois expulsés de leurs villages lors du conflit opposant l'armée et le parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). Dans les 80 et 90, près de 380 000 villageois du sud est de la Turquie,
en majorité d'origine kurde, furent contraint de quitter leurs villages
mis à feu et à sang par l'armé alors en guerre ouverte avec le Parti de
Travailleurs du Kurdistan (PKK). Adopté en 2004, une loi d'indemnisation devaient alors venir en aide aux expulsés. Mais, selon un récent rapport de Human Right Watch, "Malgré la loi d'indemnisation,... des centaines de milliers de villageois sont abandonnés à leur sort dans le sud est de la Turquie". L'aide financière, destinée à "permettre aux familles de pouvoir retourner dans leurs ancienne maison, ou suite à une émigration forcée vers les grades villes, de pouvoir commencer une nouvelle vie" ont été "réduites de manière absurde". "La méthode du gouvernement, pour réduire au maximum les indemnisations, serait de compter les maisons pour des écuries, de démontrer la perte de valeur d'un terrain, de justifier la mort des troupeau par la pauvreté du sol... ". Et comme "La loi d'indemnisation n'utilise pas un mécanisme qui permette de faire objection aux évaluations faites par la commission, les villageois n'ont pas d'autres choix que d'accepter la proposition."
