11 janvier 2007
"Le syndrome Saddam"
"La dernière victime, Alisan, originaire de Mus". C'est de cette manière qu'annonce le quotidien Radikal la nouvelle de la mort du petit Alisan Akti, 12 ans, qui s'en pendu après avoir regardé à la télévision la diffusion de l'exécution de Saddam Huseyin. Le quotidien dénombre en tout 5 enfants de différentes nationalités qui se seraient pendus, imitant les images vues lors de la diffusion de l'exécution de Saddam Huseyin. Face à ces tristes évènements, parler de syndrome, c'est un choix. Débattre de la diffusion de certaines images est une nécessité...
Les hommes aussi pourront devenir "infirmières"
"Dans le code des infirmières", il est écrit "que personne en dehors des femmes turques ne peut faire ce métier". Cette injustice devrait, selon le quotidien Birgün, très bientôt être réparée: "Les portes s'ouvrent aux hommes diplômés des écoles et facultés offrant une formation en rapport avec le métier d'infirmier". C'est en tout cas une proposition loi qui devait "être étudiée aujourd'hui par la commission de la santé, de la famille, du travail et des affaires sociales". Un pas de plus pour l'égalité des sexes...
Allez les filles, à l'école!
23 480. C'est le nombre de petites filles qui auraient pris le chemin de l'école dans la ville de Van grâce à la campagne "Allez les filles, à l'école!" ("Haydi kizlar Okula). Cette campagne, lancée depuis 3 ans par l'Unicef et le ministère de l'éducation turc, visait à augmenter le nombre de filles à l'école. Si l'on ajoute les garçons, souligne le quotidien Birgün, plus de 33 000 enfants auraient été scolarisés grâce à cet campagne. "Lors de l'étude de faisabilité, en 2003, le chiffre de 35 000 enfants agés de 6 à 14 ans ne poursuivant pas sa scolarité avait été annoncé", rapporte le quotidien. "A partir de cette année, le nombre d'élèves supplémentaires dans les écoles est de 33 273, précise Firat Sad le coordinateur de la campagne pour la circonscritpion de Van. Cela prouve que l'on est proche du but.". Et d'expliquer cette réussite: "Lorsque l'on explique d'une manière adéquate aux citoyens pourquoi il est nécessaire d'envoyer leurs enfants à l'école, ils se laissent convaincre. La principale raison pour laquelle les filles ne sont pas envoyées à l'école est une impossibilité matérielle.Il y a aussi les croyances coutumières qui induisent les gens en erreur. Les croyances religieuses aussi, comme celle de ne pas envoyer les filles à l'école, qui sont des fausses certitudes. Lorsque l'on explique aux concitoyens que ces certitudes sont des erreurs, nous arrivons à les convaincre... En travaillant de cette manière, même si l'on a fait face à de nombreuses difficultés, nous avons fait gagner aux écoles 33 OOO enfants. Nous sommes contents de ce chiffre, mais notre but est qu'aucun enfants ne reste hors du circuit scolaire". Firat sad précise qu'"une aide pour les uniformes scolaires et le matériel de papeterie sera instituée par le ministère de l'éducation pour les filles qui ne sont pas envoyés à l'école pour des raisons économiques."
07 janvier 2007
L'iran réouvre les vannes
"L'iran, qui avait depuis mercredi complètement coupé les livraisons de gaz à la Turquie à cause des conditions hivernales difficiles a reouvert les vannes depuis ce matin." annonce le quotidien Hürriyet. Pourvu que ça dure, l'hivers est encore long...
La mairie doit elle aussi offrir ses services en langue kurde?
Selon le quotidien Radikal, c'est la question qui agite les partis politiques turcs à la suite de la démarche audacieuse du maire du district de Sur à Diyarbakir. Constatant que "dans [sa] circonscription, sur 104 000 personnes 72% parlent une autre langue que le turc", le maire du district de Sur, Abdullah Demirbas, a décidé "d'ultiliser aussi les langues locales autres que le turc pour les services". Cette attitude réaliste face au multilinguisme de la turquie, et des régions de l'est en particulier, avait déjà fait des vagues un an plus tôt, alors qu'"Abdullah Demirbas soulevait la question lors d'un forum social européen". Un procès avait été ouvert contre le maire de la circonscription de Sur, l'accusant de "faire de la propagande pour les partis terroristes". Procés conclu par un acquittement.
Un grand pas pour la reconnaissance des identités culturelles et linguistiques
La décision du maire, qui concerne aussi bien le kurde que l'arabe, la langue zaza ou l'arménien, représente une grande avancée dans la reconnaissance du muliculturalisme au sein de la Turquie, bien qu'elle divise les partis politiques. "Le CHP est contre, arguant que si un citoyen ne maîtrise pas le langue officielle, qui est le turc, il doit soit faire appelle à un traducteur, soit s'adresser à un agent d'état connasisant sa langue"'. "le DYP est grave, affirmant que rien empêche les fonctionnaires de parler la langue kurde, mais que la décision du maire est inutile. Ce qui est important, c'est qu'ils exercent leur fonction". L'AKP lui se montre modéré, "Si les correspondances officielles doivent se faire en turc, il est possible, pour les activités d'identification, d'utiliser une autre langue. De toutes manières, la majorité du personel de diyarbakir parlent aussi le kurde. Ils peuvent donc rendre service aux personnes ne parlant pas le turc. Mais une décision de la mairie n'est pas nécessaire. Cela (la décision du maire de Sur) peut juste empêcher des personnes ne connaissant pas les langues locales d'être employé, et cela soulève une autre question". Quelle que soit l'issue de ces débats, il est heureux de remarquer que du chemin a été parcourru depuis l'époque, pas si lointaine, où toute manifestation ostencible d'une identité autre que turque était vécue comme une atteinte à l'identité nationale.. Et punie en conséquence.
Un an de prison pour vente de solvant ou colle à des enfants
L’état prend enfin des mesures pour lutter contre une addiction qui touche de plus en plus les jeunes abandonnés à eux même. Ombres errant dans les rues d’Istanbul, les sniffeurs de colle ou « tinerci » se trouvent aussi parmi les rangs de collégiens « se droguant dans les toilettes » souligne le quotidien Zaman. « Alertés par des reportages télévisés sur des « drogues party » organisées dans un collège d’Ankara », l’assemblée en entrée en action ». La commission santé doit donc prendre les choses en main. Elle devrait prochainement préparer un article prévoyant "une peine de 6 mois à un an de prison pour les contrevenant à l’interdiction de vendre aux mineurs tout produits pouvant provoquer une addiction", telle que la colle ou les solvants et soumettre « à une autorisation spéciale du ministère du commerce et de l’industrie ».

