Presse de Turquie

Petite revue de presse de Turquie

14 février 2007

Pierre loti destitué

eyup"Il s'est promené aux quatre coins du monde, mais a seulement pris en affection Istanbul"... Ainsi commence l'article de Radilkal qui annonce la proposition de la municipalité d'Eyüp, surlaquelle est située une colline au nom de l'écrivain français, de remplacer l'appellation Pierre Loti par le nom du Sultan Eyüp. L'écrivain, qui "écrivit une de ses oeuvres [Azyadé] du haut d'une colline surplombant la Corne d'or, gagna l'affection des stambouliotes. Certaines de ses idées fausses sur les turcs furent aussi dénoncées, on le traita de charlatan, mais il prit tout de même une place importante dans l'histoire de la ville"... Et son nom fut donné en 1921 à ce petit sommet du haut duquel il écrivait Istanbul. "Durant près d'un siècle, personne ne pensa à changer le nom de cette colline", rappelle Radikal. C'est pourtant ce à quoi travaille aujourd'hui le maire de la municipalité de la commune. Il a donc envoyé sa proposition à la "commission de la cartographie". "Le rapport de la commission terminé, la proposition sera traitée par l'assemblée de la ville d'Istanbul". Faces aux réactions parfois hostiles, comme celle du leader du groupe CHP de l'assemblée de la ville d'Istanbul, Kemal Akar, qui s'étonne que "l'on prône une culture du vivre ensemble, que l'on parle d'une culture mixte, et qu'ensuite on cherche à faire disparaître un nom comme Pierre Loti", le maire de la municipalité d'Eyüp a préféré garder le silence. A suivre...

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26 décembre 2006

"Pardon monsieur Orhan"

orhanLes regrets exprimés par la jeune journaliste Selda Gezgen dans le supplément jeune du quotidien Radikal sur ses propos tenus sur le récent nobélisé Orhan Pamuk exprime une naïve repentance: "Avec le prix nobel d'Orhan Pamuk j'ai appris à quel point mes préjugés étaient faux et maladroits"... Ainsi commence le mea culpa de Selda Gezgen. "Je pensais que ses écrits n'étaient pas bons, que sa plume ne méritait pas le prix, sans prendre en compte la fierté qu'il nous donnait", avoue la jeune journaliste. "Je me sent coupable à un degré incroyable pour avoir pensé comme ça", continue-t-elle. "Si je veut un jour être une bonne journaliste, je doits apprendre à avoir un regard impartial et objectif", conclut la journaliste, encore étudiante à l'Université de Marmara, avant d'expliquer: "Je le rendais juste coupable pour ses opinions".... "Mais être écrivain, c'est être différent des autres, c'est être possesseur d'idées contraires aux autres"; affirme-t-elle dans une bien subjective description de l'état d'écrivain... Pour finir par avouer "A la fin de [la remise du prix], la première chose que j'ai fait a été d'acheter un livre d'Orhan Pamuk"... Il était temps!

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16 juin 2006

Le Lieu où se Trouvait Dieu

indedeus_abest« Et l’inscription du musée créa une crise ». Le titre de Cumhuriyet, en dernière page de l’édition du 14 juin, ouvre sur un article prudent. La veille c’était Sabah qui faisait sa Une sur  « la censure stupéfiante à l’encontre d’une inscription vieille de 500 ans ». L'écrit en question est un graffiti gravé dans la pierre de l’entrée du musée archéologique de Bodrum, « Inde Deus Abest », affirmant en latin la présence de Dieu en ces lieux. La direction générale des musées aurait « donné des instructions disant ‘cette inscription n’est pas historique, effacez la’ ». Un faux. C’est aussi ce qu’affirme le quotidien Zaman, expliquant que ce graffiti ne serait qu’un canular pour attirer les touristes, apposé non il y a 500 ans par les chevaliers de Saint Jean mais « en 1994 par un technicien, Behçet Dinçer, sur les instructions de l’ancien directeur du musée Oguz Alpözen ». L’ancien directeur, interrogé par Cumhuriyet admet « avoir fait réécrire l’inscription par un technicien, car il souhaitait, pour que l’inscription qui se trouvait effectivement dans le musée puisse être lue plus facilement, que celle-ci soit recouverte de rouge ». Oguz Alpözen soutient aussi aux journalistes de Sabah que « du temps du parti Refah (mouvance islamiste), cette inscription est revenue à l’ordre du jour, et, affirmant que ‘ça ne pouvait être un lieu où se trouvait dieu’, ils ont voulu retirer cette inscription ». Face à cette controverse « le ministre de la culture et du tourisme Attila Koç a annoncé qu’il ne donnerait la décision d’examiner une deuxième fois l’inscription que plus tard ». L’analyse de l’inscription effectuée le 15 octobre 2005 allait en effet dans le sens de la falsification. L’analyse de la peinture apposée par le technicien, tout du moins.

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