08 février 2007
Istanbul étouffe
En guise de réaction à froid sur la proposition du premier ministre turc d'instaurer l'attribution de visas pour Istanbul, Polat Sökmen, architecte et planificateur urbain, fait état dans Radikal d'une situation inquiétante sur le développement d'Istanbul. "Selon les frontières administratives actuelles (de la ville), vu la superficie de forêt, les bassins d'eau, et la surface cultivable de qualité, Istanbul ne peut accueillir une population supérieure à 14 ou 15 millions d'habitants". Seulement, rappelle Polat Sökmen, la ville compte déjà "près de 15 millions d'habitants", auxquelss'ajoutent les "3 millions installés hors des frontières [administratives]". Selon le planificateur urbain, "Les dernières études prévoient... une population avoisinnant les 22 millions en 2023".
"Le développement d'une métropole, notamment dans un pays qui se développe, est un fait très complexe qui demande une force de gestion", rappelle Polat Sökmen. "Une ville comme Istanbul, avec une activité économique intense, un taux immigration élevé, dotée de richesses historiques et architecturales et d'un environnement naturel fragile, est un exemple hors normes, dont la gestion prend des dimensions encore plus critiques." Ainsi, écrit Polat Sökmen, "l'idée d'instaurer un visa pour Istanbul peut être considérée comme le produit non conventionnel de la recherche de solution à un problème incurable".
17 janvier 2007
2 millions de voitures, et pas une de plus
Voilà la résolution du premier ministre Recep Tayip Erdogan pour la nouvelle année. Pour y arriver, rien de plus simple, comme le rapporte le quotidien Hürriyet:il suffit, selon le premier ministre, de "diminuer le nombre de voitures de 2,5 millions à 2 millions, et de 'geler les plaques' ". "Les possesseurs de véhicules pourront les renouveler, mais ceux qui voudront vendre leur véhicule pourront les vendre dans d'autres villes" détaille le quotidien Radikal. Cette solution, qui n'existe nulle part ailleurs est loin de faire l'unanimité. D'une part, comme le confie Atilla Uçan, conseiller en transport, une telle initiative "si elle est un jour appliquée, engendrera à coup sûr une mafia spécialisée dans les plaques minéralogiques." D'autre part, comme le souligne Ahmet Turgut, président de la chambre stambouliote de la planification urbaine, "tant que les 500 km de transport par rail dont à besoin Istanbul ne seront pas réalisés, le problème de la circulation ne se résoudra pas". En effet, comme le souligne Ahmet Turgut, le problème n'est pas tant le nombre de véhicules que le manque, ou le mauvais état des infrastructures routières et de transports en commun. "A Istanbul, on compte 240 véhicules pour 1000 personne, alors qu'en Europe, on compte en moyenne 600 véhicules pour 1000 personnes." a t-il précisé au quotidien Radikal.
Selon les spécialistes, "il y a de nombreux projets facilement réalisable et bien plus pratique que la proposition du premier ministre. Il est vrai qu'il faut restreindre le nombre de voitures dans le centre ville. Mais cela ne doit pas se faire en interdisant, mais en rendant les choses plus difficile. Ceux qui utiliseront leur voiture en paieront le prix ... Nous pouvons instaurer, par exemple, instaurer un système de péage pour ceux qui entrent dans le centre ville".
Le nombre de voitures immatriculées à Istanbul augmente chaque jour de plus de 600. L'idée de geler le nombre d'immatriculation des véhicules à 2 millions peut paraître impopulaire, voire absurde. Mais ce n'est rien à côté d'une autre proposition du premier ministre... qui, pour limiter l'arrivée depuis les provinces, à proposer d'instaurer la délovrance d'un visa pour Istanbul... Erdogan peut au moins s'enorgueillir d'innover de gestion de migration urbaine...
