07 janvier 2007
La mairie doit elle aussi offrir ses services en langue kurde?
Selon le quotidien Radikal, c'est la question qui agite les partis politiques turcs à la suite de la démarche audacieuse du maire du district de Sur à Diyarbakir. Constatant que "dans [sa] circonscription, sur 104 000 personnes 72% parlent une autre langue que le turc", le maire du district de Sur, Abdullah Demirbas, a décidé "d'ultiliser aussi les langues locales autres que le turc pour les services". Cette attitude réaliste face au multilinguisme de la turquie, et des régions de l'est en particulier, avait déjà fait des vagues un an plus tôt, alors qu'"Abdullah Demirbas soulevait la question lors d'un forum social européen". Un procès avait été ouvert contre le maire de la circonscription de Sur, l'accusant de "faire de la propagande pour les partis terroristes". Procés conclu par un acquittement.
Un grand pas pour la reconnaissance des identités culturelles et linguistiques
La décision du maire, qui concerne aussi bien le kurde que l'arabe, la langue zaza ou l'arménien, représente une grande avancée dans la reconnaissance du muliculturalisme au sein de la Turquie, bien qu'elle divise les partis politiques. "Le CHP est contre, arguant que si un citoyen ne maîtrise pas le langue officielle, qui est le turc, il doit soit faire appelle à un traducteur, soit s'adresser à un agent d'état connasisant sa langue"'. "le DYP est grave, affirmant que rien empêche les fonctionnaires de parler la langue kurde, mais que la décision du maire est inutile. Ce qui est important, c'est qu'ils exercent leur fonction". L'AKP lui se montre modéré, "Si les correspondances officielles doivent se faire en turc, il est possible, pour les activités d'identification, d'utiliser une autre langue. De toutes manières, la majorité du personel de diyarbakir parlent aussi le kurde. Ils peuvent donc rendre service aux personnes ne parlant pas le turc. Mais une décision de la mairie n'est pas nécessaire. Cela (la décision du maire de Sur) peut juste empêcher des personnes ne connaissant pas les langues locales d'être employé, et cela soulève une autre question". Quelle que soit l'issue de ces débats, il est heureux de remarquer que du chemin a été parcourru depuis l'époque, pas si lointaine, où toute manifestation ostencible d'une identité autre que turque était vécue comme une atteinte à l'identité nationale.. Et punie en conséquence.
16 juin 2006
Il n’a pas dit qu’il ne sera pas candidat
Alors que « les débats sur les élections présidentielles qui se dérouleront en mai de l’année prochaine continuent », le quotidien Zaman a recueilli une définition du candidat à la présidence par Recep Tayyip Erdogan lors de la conférence de presse donnée lors de son retour en avion de Macédoine : « Il devra préparer les fondements de l’amitié, de l’unité, de la solidarité, de la paix dans notre nation et particulièrement représenter notre Turquie. Pour que ces fondements soient bien coordonnés, il faut bien sûr qu’une personne en soit le leader ». Si certains ont pu conclure que ces paroles « font apparaître que Tayyip Erdogan serait le Président », ce dernier s’en défend : « ‘Je n’ai jamais donné un tel message’ , toute personne nantie de ces qualité peut être classé pour devenir Président »… « Il n’a pas dit qu’il n’était pas candidat », conclut plus franchement Radikal. « Il reste encore 11 mois. Ce n’est pas encore à l’ordre du jour » se serait justifié Erdogan.
